lundi 11 février 2013

Jolie Carte et Poème, Cœur Brisé Déception Amoureuse



                     Cœur brisé.

Vous m'aimiez autrefois, et mon âme enivrée

S'abandonnait, joyeuse, à ce divin bonheur,

Comme un enfant qui livre à sa mère adorée

Tous les trésors d'amour que renferme son cœur.



Mais vous avez brisé cette chaîne si chère ;

Vous m'avez, loin de vous, rejeté sans pitié,

Et, pour me consoler dans ma douleur amère,

Vous m'avez froidement offert votre amitié.



Votre amitié ! Non ! Non ! Mon cœur n'est point encore

Assez calme, assez froid, pour ses tristes langueurs :

Il faut qu'il vous chérisse ou bien qu'il vous abhorre,

Et que vous partagiez sa joie ou ses douleurs !

Pierre Grolier.






                 Je ne sais plus.

Je ne sais plus d'où naissait ma colère ;

Il a parlé... Ses torts sont disparus.

Ses yeux priaient, sa bouche voulait plaire :

Où fuyais-tu, ma timide colère ?

                   Je ne sais plus.

Je ne veux plus regarder ce que j'aime.

Dès qu'il sourit, tous mes pleurs sont perdus.

En vain, par force ou par douceur suprême,

L'amour et lui veulent encore que j'aime ;

                   Je ne veux plus.

Je ne sais plus le fuir en son absence ;

Tous mes serments alors sont superflus.

Sans me trahir, j'ai bravé sa présence ;

Mais sans mourir supporter son absence,

                   Je ne sais plus !

Marceline Desbordes-Valmore

 




Le mal d'amour.

Désirer sans espoir,

Regarder sans rien voir,

Se nourrir de ses larmes,

S'en reprocher les charmes,

S'écrier à vingt ans :

« Que j'ai souffert longtemps ! »

Perdre jusqu'à l'envie

De poursuivre la vie :

On me l'a dit un jour,

C'est le vrai mal d'amour.



Dans ses songes secrets,

Revoir les mêmes traits ;

Craindre la ressemblance

Qu'on appelle en silence ;

En frémissant d'aimer,

Apprendre à l'exprimer ;

Pleurer qu'un si doux songe

Soit toujours un mensonge :

On me l'a dit un jour,

C'est le vrai mal d'amour.



S'arracher aux accents,

Que l'on écoute absents ;

Mais, en fuyant l'orage,

Détester son courage ;

Trembler de se guérir,

Le promettre... et mourir ;

Voilà ce qu'on ignore,

Quand on espère encore :

On me l'a dit un jour,

C'est le vrai mal d'amour.





Marceline Desbordes-Valmore
 




Les Séparés



    N'écris pas - Je suis triste, et je voudrais m'éteindre

    Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau

    J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,

    Et frapper à mon cœur, c'est frapper au tombeau

    N'écris pas !



    N'écris pas - N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes

    Ne demande qu'à Dieu ... qu'à toi, si je t'aimais !

    Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,

    C'est entendre le ciel sans y monter jamais

    N'écris pas !



    N'écris pas - Je te crains; j'ai peur de ma mémoire;

    Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent

    Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire

    Une chère écriture est un portrait vivant

    N'écris pas !



    N'écris pas ces mots doux que je n'ose plus lire :

    Il semble que ta voix les répand sur mon cœur;

    Et que je les voix brûler à travers ton sourire;

    Il semble qu'un baiser les empreint sur mon cœur

    N'écris pas !



        Marceline Desbordes-Valmore

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